J'aime pas trop faire comme tout le monde, mais quand il faut, ben il faut . Je ferais les choses à ma façon, et me trouverais un égal parfaitement imparfait . Il sera intelligent, pas spécialement beau, mais du charme, oui, beaucoup de charme, pas un crétin beau parleur qui essai de vous acheter avec ses bijoux et autres appats, mais une jolie esquisse de garçon timide, qui ne parle pas beaucoup, à vrai dire jamais. Des yeux d'un bleu profond, où l'on se noie, parce que je déteste le bleu. Une peau blanche, pâle, parce que c'est toujours rigolo d'être tout blanc, quand on a les poches si pleines de vent, que le soleil nous fuit . Et puis finalement, je m'en fou de la tête qu'il aura. Et voila que la mer de ses yeux me regarde verser du café noir dans nos deux tasses, les yeux embhués de fumée de cigarette, un matin d'octobre. Il me dit que je ne suis pas trés agréable le matin , je lui réponds que c'est déjà assez chiant de le voir tous les matins et que de ce fait, je me passe de ce qu'il en pense, il m'embrasse sur la joue et s'en va. Après avoir vérifié qu'il était bien parti, je cours par la fenêtre le regarder marcher, maladroitement sur le trottoir, le visage gelé par le vent, un peu caché par son écharpe, bout de tissu tout de même sacrément moche.
Nous voilà maintenant à Paris, je tente d'écrire - je suis écrivain- avec les glaçons qui me servent de doigts, il rentre, ne dit rien, me regarde, on va se promener aux Tuileries, et je lui dis que tout de même, on a l'air de deux grosses andouilles à se promener main dans la main, et il me répond par un sourire que je connais bien, et me propose de rentrer nous coucher. Au bord du lit, il m'annonce que cet été, nous irons à Varsovie.Bien entendu, je ne saurais jamais où et comment il a apprit que je rêvais de Varsovie, et de tout ce qui est triste en général, parce que je m'y sens bien. La lumière de la chambre d'hotel éteinte, je sens ses doigts jouer avec une mèche de mes cheuveux.
L'hiver passe, l'été arrive. Je n'aime pas m'habiller en été. Il crie au travers de notre appartement pourri qu'il cherche sa chemise à carreaux, et je lui réponds d'un même cri qu'elle est sur mes fesses, il ri, je le trouve beau.
Je peints des poèmes que j'ai écris sur les murs, lui y accroche les photos qu'il commence à exposer dans une galerie non loin d'ici. Nous avons quitté notre appartement pourri, pour quelque chose de plus grand, mais toujours aussi pourri. Je lui fais toutes les crasses du monde, il n'en répond que d'un sourire, que je ne me lasse pas de voir. Et je le regarde, sortir de la douche, boire du café, faire des photos. Il a toujours cette manière bien à lui d'être ce qu'il y a de plus masculin, tout en étant parfaitement calme et doux, aucune romance, pas de rose, de restaurant et de choses que je déteste tout comme lui, mais rien, lui, moi, et un grand rien, qui fait tout.
10 : 00 Le réveil d'Alice sonne, elle ouvre les yeux, et somme le con dont elle ne se rappelle pas le nom couché à moitié nu à côté d'elle de bien vouloir rentrer chez lui. Il est blond, nous sommes au 21e siècle. Alice a 30 ans aujourd'hui.
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